vendredi 4 septembre 2009

Du lac à Figeac

Vous avez sûrement remarqué, que dans cette belle région du pays
«d’Oc », les « ac » sont légions !
D’ailleurs, tous les gens de par ici n’ont pas mal à « l’estomâ » mais à « l’estomaque » !
Comme le chantait ma grand-mère maternelle !

Donc, vous l’avez compris, le but de la matinée de cette belle journée, était d’arriver au lac de Tolerme, à quelques kilomètres de Terrou.

Pour être bien partis, on est bien partis! Nous avons d'abord longé un brave ruisseau perdu dans une végétation dense et d'une belle verdeur toute neuve. On ne s'est pas méfié de ce qui nous attendait. Au détour d'un chemin, nous sommes tombés sur la ferme du brave « Eusèbe »! Il ne s'appelle pas Eusèbe,mais j'ai oublié son prénom, et celui-là lui va très bien.

Au village, on nous a raconté une histoire émouvante; ce brave vieux paysan a reçu le toit de sa maison, quasiment sur la tête, lors du dernier orage de printemps! Pour une tuile, c'était une tuile! C'est le cas de le dire! Même plusieurs, pour le coup! Ce qui n'a pas empêché le digne vieillard (bon pied, bon oeil à plus de quatre vingt berges!) de nous faire un brin de causette pour nous raconter ses malheurs. Heureusement que les gens de Terrou, qui sont moins tartes et moins égoïstes que ceux des grandes villes inhumaines, ont entrepris une chaîne de solidarité bien sympathique pour aider un des leurs dans la peine.

Nous sommes partis tout guillerets pour rencontrer nos « dealers » sur le chemin boisé. En guise de traquenard, ils nous avaient concocté un petit déjeuner à base de café, de croissants, de jus de fruits, etc...! Impossible de s'en défaire! Même dans les bois, ils viennent nous chercher! Vous imaginez ce harcèlement? Une honte, vous dis-je!

C'est après que le calvaire a commencé. Et il a duré, duré, duré.... Oh Boudiou! Heureusement que les paysages étaient splendides et qu'ils nous consolaient un peu de la grimpette interminable entreprise pour aller voir ce foutu lac! Ah! Le masochisme de l'être humain!

On n'en aura jamais fait le tour! Et les « autres » qui cavalaient comme des zèbres devant, juste pour m'humilier d'avantage! Dans ma souffrance solitaire j'ai croisé quelques amies compatissantes dont le regard semblait dire: « Ben mon pauv'gars! Qué misère! T'as pas de pot d'être un humain! Regarde un peu comme on est peinardes, nous! Aucun abruti de fermier n'oserait nous faire cavaler comme ça! »



Bon! Cette plaisanterie s'est quand même terminé quand on est enfin arrivé à cette masse de flotte artificielle. Oui! Parce qu'il faut vous dire que ce lac est tout jeune et ne date que de 1987.

Là, nous avons aperçu des gendarmes en treillis, en train de faire « mumuse » avec des chiens qu'ils dressaient à mordre,et surtout, à ne pas avoir peur de l'eau.

Pour ce qui est de la « bouffetance » on était vraiment gâté. Il y avait tout ce qu'il fallait. Un immense barbecue trônait comme un autel païen destiné au culte de la gastronomie locale.

C'est alors que je me suis retrouvé dans un épisode d'« urgences » série américaine à la con, que je ne regarde jamais, vu que j'ai horreur de tout ce qui est médical ou de ce qui s'en approche, en ayant sorti une écharde de la pogne de notre cuistot. C'est pas que le métier de sauveteur médical me passionne, mais je tenais à manger mes brochettes! Je n'avais pas fait tout ce chemin pour qu'on me sucre mon repas à cause d'un incident mineur.

C'est alors que le « gang de Terrou » est venu, une fois de plus, nous apporter notre « drogue » histoire que l'on ne soit pas sevré trop rapidement. Ah! C'est des malins! Surtout quand on voit la joie des futurs « intostiqués »! Complètement inconscients! Mais nous avons bien mangé. Nous fûmes repus à souhait. Nous eûmes même droit à un reportage photographique en règle. Là, je dois faire un aparté pour me plaindre d'un paparazzi qui me flanqua son gros zoom sous le nez, alors que je faisais une petite sieste postprandiale. Y en a qui sont pas gêné!

J'vous jure! Malheureusement, tout excès engendre des représailles de la nature parfois très sévères. Après ces agapes trop fournies pour certains métabolismes fragiles, nous perdîmes un des nôtres, dont nous posâmes délicatement le cadavre sur une table pour faciliter une future autopsie par la médecine légale.

Ensuite, des chauffeurs bénévoles sont retournés à Terrou rechercher leur voiture pour nous emmener tous à Figeac. Ville magnifique qui vit la naissance d'un drôle d'oiseau, au teint bistre, à l'air farouche et sombre, qui sera connu pour avoir déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens: Jean-François Champollion! A ne pas confondre avec les hiéroglyphes des ordonnances médicales que seules les « Champollion pharmaceutiques » sont capables de déchiffrer. Une place de cette charmante cité est pavée de la reproduction de la fameuse « pierre de Rosette » qui permit à notre génie de faire sa découverte universelle.

Pierre de Rosette à ne pas confondre avec la « rosette de Lyon »! Pour tous les inconscients qui confondraient encore gastronomie et culture! Nous avons alors musarder à travers cette belle ville en passant par la halle du marché, pour nous retrouver dans le « chapitre » de l'Eglise Saint-Sauveur où l'on nous expliqua doctement l'origine de l'expression: « avoir droit au chapître », c'est à dire d'avoir le droit de la ramener, même quand on n'a rien d'intelligent à dire!

Puis nous sommes rentrés sur Terrou. Après un bon diner bien réparateur, je croyais naïvement avoir mériter le droit le pioncer dans un bon sommeil réparateur. C'était sans compter sur la perversité de nos hôtes qui nous concoctèrent alors une soirée « sea, sex and sun » digne du film « les bronzés »! Mais à la sauce du Lot! C'est à dire une soirée « électorale » un peu spéciale et très « kitch »!

Dans la salle de réception du gite, la foule en délire fut conviée à « élire » un nouveau maire de pacotille. Il y avait là un couple « puni » au hasard désigné comme anciens édiles. Le couple du nouveau candidat, et ensuite, un groupe hétéroclite de postulants plus loufoques,les uns que les autres! Jugez plutôt!

Michel et son épouse en producteurs improbables de foies gras, Jean-Cyriaque et Lucienne en couple de paysans avec perruque! Je n'ai toujours pas compris l'utilité des perruques, d'ailleurs! Un curé et sa bonne, comme de bien entendu (et surtout avec beaucoup de sous-entendus comme il se doit!) Le poivrot et sa « gendarmette » d 'épouse! Hilarant! N'est-il pas?

On n'ose pas imaginer les séances d'éthylotest pour que monsieur puisse avoir le droit de conduire! Et enfin « Jean-mimi » et Michèle la bretonne en couple très « crédible » de médecins! Nous avons donc participé à des élections aussi bouffonnes et démagogiques que les vraies! Mais là, au moins, on a eu le droit de rire!



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